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06 mars
2026

Gestion des risques psychosociaux : mieux vaut prévenir que guérir!

06 mars 2026
Écrit par : Équipe de droit du travail et de l'emploi - Catégorie : Droit du travail et de l'emploi

De 2021 à 2024, les lésions professionnelles ont augmenté de façon préoccupante, celles liées aux risques psychosociaux ayant grimpé de 71,4 % selon l’Institut national de santé publique du Québec. Cette hausse s’accompagne d’une augmentation de la durée moyenne des arrêts de travail et d’une augmentation des coûts qui en découlent ; impacts ultimement assumés par les employeurs. Derrière ces chiffres se retrouvent souvent des organisations fragilisées, des équipes obligées de compenser l’absentéisme et des gestionnaires confrontés à des défis de plus en plus complexes.

 

Comprendre ce qu’est un risque psychosocial pour mieux prévenir

Un risque psychosocial est un danger susceptible d’engendrer des effets néfastes sur la santé physique et psychologique des travailleurs. Ces dangers sont accentués par plusieurs facteurs, lesquels sont liés notamment à l’organisation du travail, aux pratiques de gestion, aux conditions d’emploi et aux relations sociales. À titre d’illustration, l’épuisement professionnel d’un travailleur (le risque) peut naître d’une surcharge de travail, d’objectifs irréalistes ou d’un horaire de travail excessif (les facteurs de risque). La notion de risque psychosocial comprend également les risques liés à la violence à caractère sexuel.

Une réforme qui impose un changement d’approche

En octobre 2025, dans le cadre d’une importante réforme législative, la Loi modernisant le régime de santé et de sécurité au travail introduit de nouvelles obligations aux employeurs, notamment quant à la prise en charge des risques psychosociaux en milieu de travail.

 

Les employeurs ont dorénavant l’obligation d’inclure à même leur programme de prévention ou leur plan d’action, en santé et sécurité du travail, l’identification et l’analyse des risques pouvant affecter la santé des travailleurs et d’y inclure les risques psychosociaux. Les employeurs doivent également y inclure des mesures et des priorités d’action permettant d’éliminer ou de contrôler les risques préalablement identifiés, et doivent s’assurer de leur élimination et de leur contrôle par le biais de mesures de surveillance, d’évaluation, d’entretien et de suivi.

De l’obligation légale au levier stratégique

Se conformer à la loi constitue le point de départ, mais le véritable avantage réside dans le fait d’agir de manière proactive plutôt que réactive.La prévention des risques psychosociaux peut se déployer en trois étapes clés. La première consiste à analyser l’organisation pour identifier les risques actuels et évaluer leur impact sur les équipes. Cette étape permet d’ajuster le programme de prévention ou le plan d’action, la charge de travail, les objectifs et les pratiques de gestion. La deuxième étape repose sur un leadership clair, l’écoute attentive des équipes, une communication transparente et des actions concrètes pour instaurer un climat sécurisant et soutenir efficacement les employés dans la mise en œuvre du plan d’action ou de prévention. La troisième consiste à surveiller en continu la santé organisationnelle, par exemple en suivant l’absentéisme, le taux de roulement et le ressenti des équipes, etc. Les employeurs doivent garder en tête que pour demeurer efficaces, les mesures de prévention doivent être suivies et mises à jour régulièrement.

Ainsi, gérer rigoureusement les risques psychosociaux peut être un levier pour retenir les talents, renforcer la productivité et bâtir une culture organisationnelle saine et durable. Dans un contexte de rareté de main-d’œuvre, cette approche peut devenir un véritable avantage concurrentiel.

Besoin d’accompagnement? Nos professionnels en droit du travail et de l’emploi sont là pour vous guider dans la mise en place d’une démarche adaptée à votre réalité organisationnelle.

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